samedi 29 octobre 2016

Les enfants sont plus perspicaces qu'ils ne paraissent

            Loin de moi de faire une psychanalyse en pédiatrie sur le deuil et les étapes du cheminement chez l'enfant. Je n'ai pas d'ailleurs cette expertise pour prétendre parler comme tel. Toutefois, je peux affirmer que les énoncés de la réalité par les enfants face à une situation difficile me dépassent encore. Comme ils n'ont pas encore vu le monde sous leur vrai jour, comme dirait ma mère, ils émettent leurs pensées sans filtres ni sans chichi parce qu'ils laissent parler les émotions et sentiments qu'ils ressentent à travers leurs babillage enfantin. Je suis aidante d'une de mes cousines qui vit dans la province de Québec, j'en ai au moins une bonne quarantaine avec laquelle j'entretiens des rapports conviviaux  sans compter ceux qui sont plus au moins en contact avec moi lorsque l'occasion se présente. Ma cousine dont il est question, a reçu de manière fortuite au printemps dernier en mai, un diagnostic de cancer des poumons agressif de stade 4, le pire de tous, avec des métastases osseuses. Et contrairement à la voyance populaire, elle est non fumeuse et ne boit pas d'alcool et les rares fois qu'elle en goutte c'est durant les réveillons de Noël, à peine quelques gorgées volées dans le verre de son mari. Elle est mère de deux merveilleuses petites filles âgées de 6 ans et 2 ans, la dernière étant ma filleule. Sans me vanter, ma cousine fait preuve d'un courage incroyable et sa confiance en Dieu est plus forte que jamais. 
       De leurs côtés, les petites sans pour autant analyser absorbent toutes les vibrations de la maladie de leur mère dans leur quotidien: en effet, quand je les surprends entrain de jouer à la poupée, la première parle de la maladie et de la mort ainsi que de la possibilité d'être abandonnée. Dès qu'on la gronde, elle fait du chantage affectif... du moins je le croyais jusqu'à ce que je me mette à analyser les contenus de ses crises d'histoire: "Personne ne m'aime", "je suis seule au monde", "quitter ma maison et ne revenez jamais", "Si tu meurs, tu vas mourir pour toute la vie", etc... Elle a changé d'attitude depuis cet été, elle réplique à tous ce qu'on lui dit et avant de même avoir le temps de réagir, elle déverse un torrent de larmes et des cris déchirants. La deuxième, en raison de son jeune âge, ne saisit pas tous les enjeux d'une pareille situation mais ressent les vibrations négatives qui en dégagent; son jeu préféré est d'imiter dans les moindres faits et gestes sa grande soeur. Donc les crises sont en double. Loin d'être contrariée par cette labilité émotionnelle, j'ai finalement compris qu'elles envisagent la possibilité de perdre leur mère ou que leur vie change drastiquement. Les voir guetter par la fenêtre plus souvent ou quémander un millième câlin me fend parfois le coeur mais Dieu merci, la famille a compris. Sans avoir lu des manuels sur le sujet, on n'en aurait pas eu le temps, chacun essaie d'encadrer les petites et de soutenir moralement le père, mon cher cousin par alliance. Résultat: quand je vais là-bas, je cajole, je distribue des bises, je participe à leur routine du coucher avec leur grand-mère quand papa est partie travaillée. Même si je ne changerai rien à la situation qui m'affecte plus que je ne l'aurais envisagé, je pourrai au moins créer des souvenirs heureux qui rayonneront dans leur enfance. 
                   Rien n'est plus réconfortante qu'une famille est des proches aimants autour de soi quand on traverse des moments difficiles. Merci à tout ceux qui nous soutiennent par leur présence, leurs prières et en pensées. 
Avec amour à  mes anges M. et L.
Alexa Madrexx

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